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7.0 4e ETAPE : MISE EN ŒUVRE & SUIVI (Continuée)


Méthodes d’animation de CIP

Les points suivants sont une série de méthodes pour faciliter la CIP. Comprendre et maîtriser ces techniques est essentiel pour animer un programme de CIP.

Accueil
Ceux qui intègrent un groupe pour la première fois peuvent avoir des appréhensions et sont nerveux. Ils ne sont pas sûrs de ce qu’il va se passer et se demandent ce qu’on va leur demander de faire. Plus tôt l’animateur les aide à dépasser leurs incertitudes et à se sentir à l’aise, mieux cela se passera.

Réflexion (poser des questions qui font réfléchir)
L’animation de la CIP réside dans la capacité de l’animateur à permettre aux personnes de réfléchir à ce qu’il leur arrive et de porter un nouveau regard sur les événements passés. Le rôle de l’animateur n’est pas de donner des conseils ou son opinion, mais de permettre aux membres du groupe d’examiner leurs propres problèmes et de bien comprendre ce qui les empêche de faire les changements nécessaires pour se protéger et protéger ceux qui les entourent. L’animateur doit être armé d’une série de questions qui poussent à la réflexion sur soi et pousseront les participants à aboutir à leurs propres conclusions. Ce procédé permet de s’assurer que la motivation au changement vient NON PAS de l’animateur, mais bien du participant. Ceux-ci doivent savoir que le problème les concerne eux et que l’animateur n’est pas là pour le résoudre à leur place.

Reformuler
Reformuler n’est pas la même chose que réfléchir, dans la mesure où l’animateur répète ou paraphrase seulement ce que le participant a dit, pour comprendre les faits, être clair sur ce qui a été dit ou demandé, ou pour mettre en valeur un point par rapport au groupe.

Validation
Pour créer une atmosphère d’intégration, l’animateur doit valider les idées et les opinions des participants, qu’il soit (lui ou d’autres membres du groupe) d’accord ou non avec ses idées. L’animateur appuie les souhaits, les croyances et les idées du participant en reformulant ce que celui-ci a dit, en lui posant une question pour le faire réfléchir ou en écrivant sur le tableau (si c’est une séance de brainstorming). 

Parler de Soi
Dans certains cas, parler de soi aide à construire la relation entre l’animateur et les membres du groupe. En racontant des anecdotes ou des histoires personnelles, l’animateur brise le silence ou fait naître une discussion sur un sujet particulier. Parler de soi instaure aussi un lien entre les membres du groupe.

L’un des défis de l’animateur est d’aider les membres du groupe à se concentrer sur leur propre comportement, sur les changements qu’ils veulent apporter, ou les stratégies qu’ils veulent adopter pour changer. Plus ils sont déterminés à prendre ces décisions, plus les changements s’inscriront sur le long terme. Si c’est l’animateur qui résout les problèmes et non le participant, les changements seront moins durables. L’animateur doit donc faire en sorte que les membres du groupe parlent d’eux-mêmes, mais ne doit pousser personne avant qu’il ou elle ne se sente prêt(e).

Penser à ajouter un module de formation pour les compétences suivantes :

    • Dépasser la stigmatisation envers les groupes à risque
      Ceux qui travaillent en contact direct avec les populations cible sélectionnées doivent réfléchir sur leur attitude personnelle et leurs propres sentiments envers les groupes à risque et leurs comportements à risque. Il est important que les agents de CIP n’aient aucun préjugé envers les groupes à risque, dont beaucoup sont sujets à la stigmatisation et sont sensibles. Mettre en place des activités qui évaluent les valeurs, ou évoquent cette stigmatisation dans la formation de CIP peut aider à dépasser toute opinion préconçue.
    • Lever les tabous sur les questions liées au sexe
      Mener des activités de CIP amène forcément à évoquer des questions sexuelles qui peuvent mettre mal à l’aise, surtout s’il y a des tabous culturels. Les agents de CIP devront parler des rapports sexuels, mais aussi de la prostitution indirecte (le sexe payant), de la sexualité chez les jeunes, de la violence sexuelle, de l’utilisation des préservatifs, des partenaires multiples, du rapport anal, et des questions du genre. Les agents de CIP auront besoin de pratique [PDF] avant d’être à l’aise pour parler ouvertement et franchement du sexe et des comportements à risque, surtout quand les valeurs sont différentes des siennes.
    • Sensibiliser les personnes aux questions du genre
      Les rôles traditionnels du genre et les idées construites sur la dynamique de pouvoir chez les hommes et les femmes sont des barrières à l’adoption d’un comportement sain et protecteur. Il est donc important de sensibiliser les personnes à la question du genre. C’est l’un des buts les plus difficiles à atteindre car les attitudes liées au genre sont souvent profondément ancrées dans une culture. Définir ce qu’est le genre et mettre en place des activités de formation qui s’attaquent directement aux stéréotypes à travers [PDF] la discussion est essentiel au développement des compétences des agents de CIP. Les formateurs doivent aider les participants en leur posant des questions qui les font réfléchir sur eux-mêmes et les aident à prendre conscience de l’impact de la question du genre sur le comportement.
    • Capacités d’Ecoute
      Dans une bonne communication, écouter est aussi important, voire plus important, que parler. La plupart des gens écoutent sans trop d’effort, mais l’écoute active [PDF] demande des compétences particulières. Elle demande de déployer toute son attention, de réfléchir et de réagir aux informations données, tandis que l’écoute passive n’engage que l’ouïe, pas forcément l’esprit. Il est important de discuter de ce qu’est une bonne communication et de l’écoute active dans les formations des agents de CIP. 
    • Une structure de management souple
      Une structure de management réactive qui s’ajuste en fonction du suivi des besoins du terrain est importante. Elle demande une bonne communication et de bons échanges entre le personnel sur le terrain et les managers centraux. Rester souple permet de changer certains aspects de la mise en œuvre du programme à partir du feed-back donné directement par le terrain.
       


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