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4.0 1ère ETAPE : ANALYSE (Continuée)


Premières étapes : Choisir un groupe cible

  1. Etudiez le profil épidémiologique du pays
    Les études réalisées dans votre zone géographique indiquent peut-être déjà que l’utilisation des drogues injectables est un problème de plus en plus sérieux et que les populations migrantes ou les personnes en déplacement sont susceptibles d’augmenter le taux de prévalence du VIH. De telles études sont un excellent moyen pour choisir une population cible. Les graphiques épidémiologiques de PSI sont une manière d’étudier et d’utiliser les informations épidémiologiques. Ils permettent de répartir les incidences du VIH par groupe cible et par comportement dans un groupe cible, et donc de segmenter par besoin et par comportement à risque.
  2. Optimiser les fonds du programme pour un plus grand impact sur la santé
    Cela peut vouloir dire choisir une population cible assez grande pour justifier les dépenses du programme de CIP. Par exemple, si un bailleur de fonds est intéressé pour mettre en place une intervention de CIP pour les douaniers et la police, et que le pays compte 1 000 douaniers et 50 000 officiers de police en activité, travailler avec la police aura sûrement un plus grand impact sur la santé et sera donc logiquement le groupe cible à choisir. Cela ne signifie pas, cependant, que les douaniers doivent être oubliés. C’est peut-être le groupe qui encourt le plus de risques et les fonds de CIP seront alors utilisés pour intervenir spécifiquement sur eux. Sinon, le gros de l’intervention pourra se concentrer sur la police et une partie des fonds sera allouée à une intervention sur les douaniers.
  3. Identifier les populations cible accessibles
    Les groupes cible associés à une institution comme une école ou un site, comme par exemple les maisons closes ou les arrêts de chauffeurs routiers, ont des comportements à risque plus faciles à atteindre. Les personnels en uniforme sont souvent plus accessibles car ils vivent dans des casernes et font partie d’une hiérarchie structurée.
  4. Identifier les populations cible susceptibles d’adopter des comportements positifs
    Le changement de comportement est plus difficile pour certaines populations que pour d’autres. Les stratégies de réduction des risques peuvent aider à changer les comportements tout en répondant aux besoins et aux réalités de la population en question. Les services de CTV pourraient être mieux acceptés par les chauffeurs routiers mariés soucieux de ne pas infecter leurs épouses.

Il est important de se rappeler que tout le monde n’encourt pas le même risque d’être contaminé par le VIH et de transmettre cette infection à d’autres personnes. Choisir les groupes qui présentent un comportement sexuel à risque, comme avoir des relations sexuelles avec des partenaires multiples, est la clé de réussite d’une intervention de CIP. Quand un programme de CIP est mis en place pour la première fois, il est préférable de se concentrer sur un groupe à risque à la fois pour bien se concentrer sur les besoins de la population cible et faire en sorte que les ressources ne soient pas trop diluées [PDF].
   

EXEMPLE : Choisir le bon groupe cible:

Dans un pays d’Afrique de l’Ouest, des études ont montré que, chez les prostituées, l’utilisation de préservatifs avec les clients avait augmenté, mais qu’elles continuaient à avoir des relations sexuelles non protégées avec leur petit ami. Une intervention de CIP a été mise en place pour atteindre les petits amis, les encourager à utiliser des préservatifs et à bénéficier des services de dépistage et conseil.

Cette intervention a tout de suite rencontré des problèmes. Soit les femmes ont refusé de dire qui étaient leurs petits amis, soit les hommes n’étaient pas intéressés par les entretiens de CIP. Bien que les hommes soient vulnérables à une contamination par le VIH, le fait qu’ils soient difficiles à atteindre, ne fassent pas partie d’un groupe plus large, soient peu susceptibles de contaminer d’autres femmes et soient à la base mieux protégés parce que leurs petites amies utilisaient des préservatifs avec d’autres partenaires, ne faisaient pas d’eux un bonne population cible.


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